TSR 7.7.2010

On votera sur l'assurance chômage
06.07.2010 11:21 - mise à jour: 19:20 (TSR.ch)
L'alliance "Non au démantèlement de l'assurance chômage" réunit le PS, les Verts, le Parti évangélique, le Parti chrétien-social et le Parti suisse du Travail, de nombreux syndicats dont l'Union syndicale suisse, Unia, Travail.Suisse, ainsi que des associations de chômeurs et d'autres organisations.
Pour les référendaires, la 4e révision est "injuste, anti-sociale, inacceptable et absurde". En ayant récolté bien plus que les 50'000 signatures nécessaires "un succès éclatant", le comité entend prouver que la 4e révision se heurte au rejet de la population dans toutes les régions du pays. Et de se dire convaincu que le peuple jettera "clairement aux oubliettes" ce projet lors de la votation fédérale de septembre.
Le projet concocté par le Parlement vise à assainir l'assurance chômage en 17 ans. Il prévoit une augmentation des recettes de 646 millions de francs et des économies à hauteur de 622 millions. La dette de l'assurance chômage s'élevait à environ 7 milliards de francs à fin juin 2010, selon le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO).
La guerre est lancée
"Durant cet été, nous devrons rassembler nos troupes et rappeler aux pouvoirs politiques que si c'est la guerre qu'ils veulent, les soldats c'est nous qui les avons", a lancé le secrétaire général des Syndicats chrétiens du Valais Bertrand Zufferey. Les griefs des opposants sont nombreux.
Les coupes prévues dans les prestations sont dangereuses en période de crise, selon la conseillère nationale Margret Kieler Nellen (PS/BE). L'assurance ne pourra plus fournir une protection suffisante à la population. Les premiers à en faire les frais seront les jeunes et les chômeurs âgés. Pis, vu que les exclus se tourneront vers l'aide sociale, cantons et communes payeront les pots cassés.
Les estimations de report des coûts du Secrétariat d'Etat à l'économie (98,5 millions de francs "au maximum") sont aussi contestés. Pour la conseillère nationale Therese Frösch (Verts/BE), les chiffres des directeurs cantonaux des affaires sociales (137 à 236 millions) sont sans doute plus corrects.
Important tour de vis
La révision prévoit plus d'un tour de vis de l'assurance chômage. Les assurés ne pourront toucher 400 jours d'indemnités qu'après avoir cotisé 18 mois. Douze mois de cotisation donneront droit à seulement 260 indemnités. Le maximum de 520 jours ne sera accessible qu'au bout de 24 mois de cotisations ininterrompues pour les plus de 55 ans et les titulaires d'une rente invalidité à au moins 40%.
Les chômeurs sans obligation d'entretien ne toucheront des indemnités qu'après 10 jours si leur revenu est compris entre 60'001 et 90'000 francs. L'attente passera à 15 jours pour un revenu jusqu'à 125'000 francs et à 20 jours pour un salaire supérieur. Pour ne pas être pénalisés par l'assurance, les chômeurs de moins de 30 ans devront à l'avenir accepter un emploi même si celui-ci ne tient pas compte de leurs aptitudes ou de leur formation.
Les moins de 25 ans sans enfant se voient en outre frappés d'un plafond de 200 jours d'indemnisation. Les étudiants qui ne trouvent pas de travail après leur formation ne seront soutenus que pendant 90 jours au lieu 200.
ats/boi



