Tribune de Genève 31.5.2011
Genève, 31 mai.
Comment ne pas réagir vivement aux affirmations péremptoires des employeurs selon lesquelles «les chômeurs seraient sans formation ou motivation…» (voir «Tribune» du 27 mai ). Voilà des préjugés presque discriminatoires à l’encontre de ces femmes
et ces hommes qui, avant leur licenciement, avaient bien un emploi lié à une expérience professionnelle, une grande majorité étant au bénéfice d’une formation. Quant à la motivation, comment peut-elle être jugée inexistante avant même de faire ses preuves dans un nouvel emploi? Les employeurs usent de ces arguments faciles qui se transforment à l’embauche en des critères couperets. Ces pratiques cachent mal les avantages que certains employeurs peuvent tirer d’un immense réservoir de candidats virtuels, de différentes générations mises en concurrence, avec l’heureuse conséquence de pouvoir souvent écarter les plus de 50 ans ou de proposer des salaires plus bas. Le Conseil d’Etat a ainsi rappelé au début mai 2011 aux employeurs qu’on ne peut tirer des bénéfices d’un marché étendu de la frontière française jusqu’à La Côte sans assumer les responsabilités sociales. Nous pouvons affirmer que les chômeurs fréquentant l’ADC sont très motivés à retrouver un travail. Il leur manque seulement parfois une formation de base et un accompagnement personnalisé que notre association, par manque de moyens, ne peut leur offrir. Gérald Crettenand, président de l’Association de défense des chômeurs (ADC)



